Cerf Rochefort

Le brâme silencieux de Rochefort Wavreille

Un hommage de l’art au cerf à Wavreille, dans l’entité de Rochefort. Une sculpture en bronze grandeur nature, d’un 16 cors irrégulier. Un artiste de talent. Une réussite !

Deux silences qui ne se parlent déjà plus. Celui du créateur, Francis Daras, qui est celui d’une attention soutenue de centaines d’heures de travail en solitaire ; et celui du brameur inaudible, lançant ce cri que nous ne voulons pas entendre.

C’est à partir d’un massacre réel, tiré par M. Léon Lhoist à Chanly, une médaille d’or de 197 points, que le sculpteur a forgé cette ramure de bronze, exacte à une pierrure, à une gouttière près.

Une injustice vient d’être réparée. Une lacune énorme face à notre patrimoine naturel. Sauf l’une ou l’autre exception, la Wallonie n’avait jamais rendu au cerf l’hommage qu’il mérite : celui de l’art. La commune de Rochefort vient de combler ce vide en confiant la réalisation d’une statue de cerf, grandeur nature, en bronze (plus 3 à 4 % de silicone,...), à un artiste, Francis Daras. Et c’est une réussite !

Nous étions à l’inauguration, au carrefour des N889 et N803 à Wavreille (tous ceux qui veulent franchir cette porte de l’Ardenne connaissent le rond-point). Le drapeau tricolore (Ciergnon n’est pas loin) s’est affaissé sur un seize cors irrégulier bramant, efflanqué mais superbe. Le Gouverneur Amand Dalem était là. Il y eut des discours. Léon Lhoist, PDG des établissement du même nom qui ont sponsorisé cette belle initiative, que dis-je, cette réparation de justice, a même parlé du cerf, notre plus grand mammifère vivant encore chez nous, grâce aux gardes. Oui, il l’a dit, très brièvement. Le sculpteur, lui, n’a rien dit. Il a déjà parlé avec ses mains, avec l’argile, avec ces centaines d’heures en solitude, dans un face à face inouï avec sa créature. Et lui aussi à bien parlé. Bravo Francis, et merci pour ce chef d’oeuvre.

Passants qui rencontrez cette merveille, pensez bien, en tournant autour du rond-point, forts de votre priorité, que ce brame inaudible est un cri réel, à 100 ou 120 décibels, et que nous ne voulons pas l’entendre. Oui, nous baîllonnons la nature partout et, pour nous donner bonne conscience, nous la statufions. Bien vivant aujourd’hui en Wallonie, le cerf survivra-t-il à la modernité ?

Une étape supplémentaire du projet Leader II vient de voir sa concrétisation.

Comme se plaisait à le souligner, non sans une pointe d’humour, le bourgmestre Freddy Paquet, si Wavreille avait déjà connu la célébrité par son renommé Lapin qui tousse, il l’accroîtra avec son cerf qui brame.




Le gouverneur et les autorités autour du cerf emblématique, oeuvre de Francis Daras

En présence du gouverneur Amand Dalem, du député permanent François Belot, des membres du collège échevinal et de nombreux membres du conseil communal et du CPAS, le bourgmestre s’associa à Francis Daras pour remercier les mécènes ayant soutenu la réalisation de l’oeuvre de l’artiste. Monsieur Lhoist, PDG de la SA Lhoist, a fait don de la pierre de 10 tonnes servant de support à la réalisation. Un merci est allé aussi, pour le prêt du trophée, à Monsieur Hoybergen, Directeur de la SA Lhoist Industrie de Jemelle, de même qu’à Messieurs De Gourcy et Vankeerberghen, représentant de la Société des Grottes de Han-sur-Lesse, Messieurs Yohan et Geert Norga, propriétaire de la fonderie Art Casting, pour leur aide et leur compétence. Sans oublier Monsieur Dubois pour le transport, Benoît Jeanmart pour la pierre qui supporte la plaque inaugurale, Messieurs Lecomte et Delchambre de la Région Wallonne, les services communaux, le service technique, la gestion et le service des affaires générales.

Ce cerf est le symbole des Ardennes ; le rond-point de Wavreille a été choisi pour marquer la frontière entre la Famenne et l’Ardenne.

L’oeuvre, superbe représentation à l’échelle 1.1 d’un cervidé de nos Ardennes, est le fruit du travail de l’artiste rochefortois, sculpteur animalier bien connu, Francis Daras, qui n’en est pas à son premier coup d’essai puisqu’il y a peu, avait lieu l’inauguration d’une autre de ses réalisations, le déjà célèbre Cheval de trait ardennais implanté à Libramont. Une foule très nombreuse était présente à cette joyeuse manifestation.

Ces oeuvres sont réellement magnifiques et il faut espérer que Francis Daras trouve un commanditaire pour réaliser bientôt un grand vieux sanglier, animal légendaire des celtes et des gaulois. la légende rapporte que le dieu Freyr aimait chevaucher un puissant verrat aux soies d'or. Symbole de courage et de ténacité, il figurait comme enseigne en tête des légions romaines. Toujours présent dans nos forêts, il en est également l'emblème, peut-être le plus populaire.

Cette oeuvre a donc vu le jour grâce le partenariat entre la ville de Rochefort et deux mécènes privés : les Etablissements Lhoist et la Société des Grottes de Han.
La statue du cerf pèse environ 350Kg. La mise sur pied a débuté au mois d'avril 2000. L'entrée en fonderie s'est faite en juin 2000. Il a fallu près d'une demi tone de terre pour la maquette, rèalisèe en plusieurs ètapes; le moulage; la prise d'empreintes en silicones et élastomères (40Kg); le contre-moule en plâtre, environ 350Kg pour soutenir l'élastomère.
Ensuite, on a procécédé àla prise d'empreintes sur les bois d'un cerf fourni par Mr Lhoist.
La cire a été placée au pinceau sur 4 à ( mm et renforcée par de la gaze à l'intérieur du moule en silicone. Un bain en céramique a précédé la phase de la coulée, pratiquée selon un proécédé novateur : de la silicone bronze a été utilisée. Cette technique fait appel à 94% de cuivre, 3 à 4 % de silicium, un peu de plomb, du manganèse et du zinc.
La coulée s'est opérée à une température de 1030 à 11800C.
Ce type de matériau est conçu pour résiter aux intempéries.

M. CHABOTIER : "Le cerf de Wavreille" Vers l'Avenir, 18 octobre 2000

dossier Presse 6 MB
Sud Presse, Vers l'Avenir, Le soir

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